Petite excursion à Dazaifu

Aujourd’hui, on est dimanche, il fait beau, je vais aller visiter un truc un peu loin. Plusieurs choix s’offrent à moi. Mais pour tous il faut que j’aille à la gare de Tenjin. Ce que je fais donc.

Sauf que Tenjin côté transport public, c’est mon enfer personnel. Il y a le métro, pour en sortir on traverse une galerie commerciale souterraine, remplie de gens et avec cette lumière artificielle, argh! Puis, il y a le train, étrangement installé au 2° étage d’un autre centre commercial. Et les bus, dans le même bâtiment mais au 3°. Sauf qu’entre le 2° et le 3° étage, il y a une étage, je ne comprends plus rien. Et bien sur, des magasins partout.

J’ai donc passé une grosse demi heure à chercher un train pour une destination qui me tentait: le premier que j’ai vu était Dazaifu, Dazaifu ce sera!

En passant, sachez que je passe ma vie à errer sans réelle destination et à me perdre à moitié, c’est à la fois délicieux et très fatiguant, je vous en reparlerais peut-être dans un autre article. Car il s’en passe des choses quand on se perd!

Revenons à nos moutons: j’arrive à Dazaifu, en même temps que la moitié de la ville de Fukuoka. Je crois que l’autre moitié est arrivée dans l’après-midi…

Le premier stop logique à Dazaifu, c’est de suivre la rue montant jusqu’au Tenmangu. Cette rue est remplie de magasins de douceurs en tout genre, ça sent tellement bon! Mais dans mon cas, facile de résister: je refuse de faire la queue pour manger des bêtises.

Ici, même en me forçant, je ne pourrais pas me perdre: le sanctuaire est à moins de 5min à pied. 

On traverse un double pont, puis on arrive à la grande porte, et enfin, on accède au sanctuaire lui-même.

Je fais un peu le tour: le prunier « volant », les statues, le bâtiment principal.

Je fais même la queue pour mon goshuin. Si si, pour ça je vais faire l’effort. J’ai même fourni un effort financier inattendu: ici, c’est donation libre. On pose ses pièces dans une boite à offrande. Sauf que je n’ai que des billets de 1 000¥ ou un pièce de 500¥. Honnêtement, je choisis la pièce, parce que normalement les goshuins sont à 300¥. Mais les boites de dons ne font pas la monnaie…

Après cela, je vois un panneau avec inscrit plusieurs noms de sanctuaire, je décide donc de le suivre. Et puis, le chemin mène à flan de colline, et vous savez tous à quel point j’adore monter des escaliers…

Bon, je me plains, mais le chemin est sympa, sous les arbres, avec des toriis tout le long. Car le sanctuaire que je vise, c’est le Inari. Et dans ce types de temples, outre les statues de Kitsune, il y a des toriis rouges qui longent le chemin d’accès.

Celui-là est donc au sommet d’une colline, et si on passe derrière, il y a une petite grotte où on peut prier. C’est adorable. Et il y a des statues de kitsune!

En repartant de la grotte, je ne redescend pas le même chemin: ma prochaine destination, c’est le musée national de Kyushu.

Je prends donc un autre sentier dans la forêt, et c’est bien tranquille, sans bruit, ça sent le bois, les fleurs, il n’y a personne. Mon genre de ballade.

Jusqu’à ce qu’on arrive près du musée: juste à côté il y a un parc d’attraction pour enfant, avec petite musique criarde qui va avec. C’est aussi ça le charme du Japon: changer d’ambiance du tout au tout au détour d’un chemin.

Le musée en lui même est gigantesque, j’ai rarement vu ça. Pour accéder au bâtiment principal, on traverse un hall immense, avec des centaines de mètres d’escalators puis de tapis roulants à plat. 

Je dois quand même souligner que même de l’extérieur, je trouve ce musée très beau. Et pourtant, les bâtiments modernes et moi, en général, ça fait 2. Mais l’effet miroir avec la forêt, magnifique!

Je trouve l’angle d’approche du musée très intéressant: l’exposition permanente est appelée: échanges culturels. Il y a plusieurs thèmes chronologiques: la période Jomon, l’arrivée de l’agriculture qui entraîne des enjeux politiques, puis les échanges culturels à proprement parler: l’envoi d’émissaires, puis les échanges politiques et enfin, l’ouverture vers l’occident. 

On a donc des explications sur les évolutions des échanges, mais aussi des œuvres d’art de toute l’Asie.

Si on prend bien le temps de visiter, de bien tout lire et regarder, voire de prendre le guide, on peut y passer un très long moment. J’ai donc déjà bien entamé mon après-midi en ne visitant que l’expo principale, je passe sur celle temporaire. 

Il est temps de rentrer. Je passe par encore un autre chemin pour aller à la gare, car il y a un temple que je veux voir. Mais il y a une cérémonie, il n’est pas accessible. Je n’en vois que l’extérieur.

Pour rentrer, je ne me perds pas tout à fait. Mais je suis victime de ma flemme: il y a trop de monde dans le train express, personne dans le local. Je veux m’asseoir. Je choisis le local. Et je mets une demi heure de plus qu’à l’aller.

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Dazaifu Tenmangu – Dieu faites que j’ai mon examen!

Dazaifu Tenmangu / 太宰府天満宮

Description

Il y a des centaines de Tenmangu au Japon, mais celui-ci, ainsi que le Kitano Tenmangu de Kyoto, est le plus important du pays.

Les sanctuaires Tenmangu sont dédiés à Sugawara Michizane, un érudit et politicien de la période Heian. Ses études extensives l’ont fait associé avec la divinité shinto Tenjin, deité de l’éducation et l’apprentissage. On y voit des étudiants faire acheter des talismans pour les examens.

Michizane était le rival du clan Fujiwara, le clan qui dominait alors la cours. A cause de cela, il a été exilé à Dazaifu. A sa mort, une vague de désastre à lieu, et la croyance se répand que c’est sa punition injuste qui pousse l’esprit de Michizane à exprimer sa colère.

Ainsi commence la tradition des Tenmangu, avec le premier, celui de Dazaifu, situé sur le lieu de sa tombe.

Dans l’enceinte du temple, il y a même le « prunier volant », qui aurait suivi Michizane de Kyoto à Dazaifu à son exil.

Tout proches, le Dazaifu Tenmangu Museum présente certain trésors du temple, et le Kanko Historical Museum raconte des épisodes de la vie de Michizane. A payer séparément.

Ma visite

Comme c’est hors de Fukuoka, j’y suis allée le dimanche pour profiter de la journée entière. Il faisait beau. J’étais pas toute seule.

Malgré cela, le sanctuaire est impressionnant, même si j’ai toujours du mal a appréhender mon environnement avec les foules. 

On commence par une statue de taureau, avec les gens qui font la queue pour se prendre en photo en train de la toucher. Ensuite on traverse deux ponts. On les apprécie mieux de loin: la traversée consiste à éviter de rentrer dans les gens devant qui s’arrêtent pour prendre des photos.

On arrive ensuite à une porte, décorée avec ces lanternes colorées magnifiques qu’on voit un peu partout au Japon et enfin la zone principale du temple. Avec le fameux prunier – un peu décevant à cette saison – et beaucoup, beaucoup de gens.

Bon, c’est dimanche, il fait beau, il y a des cérémonies, c’est normal, mais ça demande un peu de manœuvre pour aller où on veut. 

Comme c’est le « le temple de la connaissance », il y a beaucoup d’amulettes dédiées à la réussite scolaire. Mais le jour où j’y étais, il y avait surtout beaucoup de petits enfants et leurs parents. C’est pas encore la période des exams!

J’ai quand même décidé de faire la queue, pour une fois, pour avoir mon goshuin. Ici, le paiement est « comme on le sent », on glisse son argent dans une boite. Comme c’est dur de faire de la monnaie avec une boite à offrande, je me suis retrouvée à payer 500¥, parce que c’est la plus petite pièce que j’avais… J’aurais honnêtement donné moins, 300¥ comme partout ailleurs, si j’avais pu. Mais enfin, je commence à avoir un carnet bien rempli, je suis contente!

Accès

Adresse: 4 Chome-7-1 Saifu, Dazaifu, Fukuoka Prefecture 818-0117

5min à pied de la gare de Dazaifu

Horaires et tarifs

Ouvert toute l’année, de 6h30 à 19h, avec quelques variations suivant les saisons. Ouvert jusqu’à 20h30 le vendredi et samedi.

Gratuit

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