Nokonoshima – havre naturel à 10min de la ville

Bon, aujourd’hui je suis allée faire du shopping, et je n’ai vraiment rien à en dire. Si ce n’est que je développe doucement une phobie des centres commerciaux bondés et que j’ai des sentiments mitigés à propos des chants de Noël mi-Novembre.

Donc on va plutôt parler de mon programme d’hier: la visite de l’île Nokono (Nokonoshima – 能古島).

Pour y aller, il suffit de se rendre en bus au terminal de ferry de Meinohama, et de prendre le ferry. La traversée dure 10min, et nous voilà sur une petite île bien tranquille, avec des plages, de la forêt et sa principale attraction: le Island parc.

Comme en ce moment je balance entre mon naturel flemmard et mon (très) nouvellement acquis besoin de marcher pour ne pas devenir folle d’ennui, je fais beaucoup de compromis avec moi-même.

Par exemple je mets mon réveil à 10h30, ce qui me demande un effort. Oui, ce n’est pas si tôt, mais naturellement, je ne me réveillerais pas à 10h30. Mais ensuite, je pète la forme et le trajet en bus de 30-40min m’a semblé tellement long que j’avais envie de me cogner la tête contre la vitre.

J’ai aussi fortement développé mon habilité à me laisser porter par les événements: je descend du bus, on me dit de courir, je cours. Le ferry pars dans la minute, on me prend ma carte de bus pour payer le ferry à ma place histoire de gagner du temps, je me laisse faire. Et quand je descends du ferry et qu’on me dit de me grouiller de monter dans le bus pour le Island park, je ne réfléchis pas plus, je monte.

Dans ce nouveau bus, je me dis que j’aurais aussi bien fait de monter à pied, le coin est joli. Bah, je descendrais à pied.

Donc, le Island park, c’est comme un parc public, sauf que l’entrée y est payante (1200¥) et que l’usage des terrains de sport aussi, mais il y a de magnifiques champs de fleurs pour compenser.

Dis comme ça… Non, je vous assure, c’est cool. Il y a des terrains de sport, des tas de terrains de jeu pour enfants, des restaurants et cafés, des magasins d’artisanat, avec des ateliers pour en faire soit-même. Il y a même une mini ferme avec des lapins, des poules et des chèvres. Les lapins et les poules sont seulement visibles, on ne peut pas les tripoter comme on veut, ce qui est aussi bien pour eux. Et ma foi, les chèvres savent bien se défendre si on les saoule. Et apparemment, m’adosser sur leur enclos pour prendre une photo les a ennuyées. Je me suis pris un sacré coup de tête dans les fesses à travers la grille…

C’est le point culminant de l’île donc la vue est superbe de tout côté.

Alors, c’est sûr, en ce moment, c’est pas très rempli et c’est plutôt famille. J’ai cru comprendre que c’était aussi un endroit pour faire des « dates ».

Personnellement, moins il y a de monde, mieux je me porte, j’ai vue sur la mer, je suis aux anges. Il fait même assez chaud pour que je prenne une glace matcha/vanille en regardant le paysage.

J’imagine qu’en d’autres périodes, ça doit être sacrément rempli, si je me fie à la taille des restaurants, qui sont ce jour là plutôt vides.

Les « chalets » que l’on peut louer aussi sont vides, mais ça doit être sympa d’y passer une nuit.

Une fois mon tour du parc fini, et après avoir mangé une énorme plat de nouilles udon pour 5€ (je ne me lasse pas du prix des restaurants au Japon), je me dirige vers la sortie, et demande mon chemin à l’accueil: sur les flyers, il y a marqué qu’on peut prendre un chemin qui fait passer par quelques monuments, ça m’intéresse. Je pourrais ainsi faire ma fameuse marche et me cultiver.

Sauf que la dame n’a pas dû bien me comprendre. J’aurais dû m’en douter: elle a eu l’air tellement étonnée quand je lui ai dis que je voulais rentrer à pied. Elle m’a dit qu’un chemin mettait plus d’une heure, l’autre quarante minute. J’ai essayé de communiquer que ce n’étais pas grave, mais au final, le chemin qu’elle m’a montré n’était pas celui que je voulais mais le chemin le plus court. 

J’ai donc réussi l’exploit de me perdre dans une île où il y a très exactement trois routes. 

Donc, j’ai marché, me disant que de toute façon, tant que ça descend, je dois être dans la bonne direction. Il n’y a strictement rien sur cette route, mais des fois on a une jolie vue sur la côte. Et vers la fin, on arrive sur des plages.

Et je crois que la mer me manque plus que je ne m’en rendais compte. Je suis donc restée un petit moment sur la grève, à sentir l’odeur, écouter les mouettes et les vagues. 

Sur toute ma ballade, je n’ai quasiment vu personne, les maisons sont assez éloignées les unes des autres. Un peu moins sur la plage mais quand même, ça me donne une petite impression d’île fantôme. Comprenez que j’adorerais m’acheter une maison dans le coin, et être pépère entre mer et « montagne » en ne croisant que 2 personnes par jour et qui de toute façon ne m’ennuieront pas… Enfin, je ne sais pas comment c’est en été, faudrait vérifier!

Au moment de rejoindre le quai, je ne me presse pas trop: comme je l’ai dis, je n’ai quasiment vu personne, et ce matin on était exactement 8 dans le ferry, je ne m’inquiétais pas du monde. Mais en fait, il y a la queue qui fait carrément le tour du bâtiment. Je me dis que je ne rentrerais jamais dans le ferry, il y a trop de monde avant moi. Et il n’y a qu’un ferry toute les heures, je me vois déjà assise dans la queue pendant une heure, joie!

J’ai eu plus tard une explication sur tout ce monde, enfin je pense: j’ai appris qu’il y a des lopins de terres à louer, pour jardiner, et tout ces gens étaient chargés de légumes et plus ou moins couverts de boue: j’en déduis qu’il viennent tôt le matin, en famille, et jardinent. Ou alors le petit marché local vend vraiment beaucoup, beaucoup de daikons…

Bon, moi, j’ai de la chance, j’arrive à monter dans le ferry, mais la queue derrière moi a encore enflée. Mesdames, messieurs, bon courage!

J’avais du coup un peu peur pour le bus du retour, mais en fait la grande majorité vient en voiture, on n’est qu’une dizaine à attendre le bus.

Je suis plutôt contente de ma journée: j’ai marché un petit 10km, assez pour m’enlever l’envie, mais sans me fatiguer. J’en ai pris plein les yeux, et je me suis détendue loin de la foule. Et j’ai même le temps de réviser un peu mes cours!

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