Jour 17 – Miyajima sous la pluie

Avant de vous raconter ma journée, je me permets de revenir sur ma soirée. 

La spécialité d’Hiroshima, c’est les okonomiyakis. Mais avec des nouilles. C’est excellent et totalement bourratif, c’est parfait. L’hostel me recommande un petit restaurant local, alors j’y vais.

Je pars donc avec l’intention de manger mon okonomiyaki, et c’est ce que je fais. Sauf que je discute avec mon voisin de comptoir, il m’offre un verre de saké et kanpai!

Et donc là, j’ai déjà bu dedans.

Sauf que la façon traditionnelle de servir le saké, c’est dans un verre plutôt grand, qu’on pose dans une coupe, et on sert jusqu’à ce que ça déborde.

Comme je discute bien avec le couple de vieux qui tiennent le restau (enfin bien, beaucoup, parce qu’on ne maîtrise pas la langue de l’autre), je me prends un deuxième verre.

Me voilà rincée, à 21h. Heureusement que l’hostel est à 200m.

Le matin, je me réveille, tout de même, et je prends le train puis le ferry direction Miyajima.

Je suis un peu déçue parce que j’avais prévu de faire la randonnée du mont Misen, mais il pleut, et le sommet est caché par les nuages. Ce qui ne me donne pas du tout envie de tenter la montée. 

Ce n’est pas grave, il y a plein de choses à faire sur l’île, et qui font aussi pas mal grimper. Pas que j’aime tellement grimper non plus…

Ça rajoute quand même une touche particulière à un monument.

Il y a quand même une petite chose à noter sur l’île, outre sa dimension sacrée pour le shintoisme. C’est qu’il y a des cerfs. Vous savez, ces petits cerfs japonais adorables! Il n’y en a pas des hordes, mais on en croise assez régulièrement, et malgré les panneaux prévenant que ce sont des animaux sauvages, clairement, ils ont pris l’habitude. Ils s’installent n’importe où, traversent les routes, font leur vie.

Bien sûr, il ne faut pas leur donner à manger, mais certains doivent le faire, car l’un d’entre eux s’est avéré très déçu que j’ai les mains vides.

 

Forcément, le premier stop, c’est Itsukushima, le temple attenant au fameux Torii flottant (qui ne flotte pas). A marée haute, il donne l’impression de flotter, mais à marée basse, on peut y accéder. Je reviendrais à marée basse.

Je visite le temple, qui donne aussi l’impression de flotter sur l’eau. J’apprendrais dans un musée plus tard que c’est exactement ce qu’il fait quand l’eau et très haute. Les planches de ses pontons sont aussi étudiées pour être espacées et ainsi libérer la pression des vagues, ce qui donne sa longévité à la structure.

C’est très beau à marée haute, à marée basse, les algues qui sèchent, je trouve ça moins joli. Et on a donc vue sur le torii mais aussi sur d’autres monuments.

Je ne suis pas bousculée par la foule quand j’y suis, mais il y a quand même pas mal de groupes scolaires. Quand je repasse à côté 3/4 d’heure plus tard, il y a foule, il vaut mieux y aller tôt.

Ensuite, je passe devant d’autres sanctuaires dont j’avoue que le nom m’échappe et je vais visiter la salle du trésor. Je dois être la seule à avoir suivi les règles et à n’avoir pas pris de photo à l’intérieur… Y sont présentés divers panneaux peints, très jolis et avec une sacrée histoire, des sabres, des armures et même l’ancien panneau qui ornait le précédent torii. Depuis le 12° siècle, on en est au 8° torii.

Je vais d’ailleurs juste après dans ce fameux musée, où les photos sont aussi interdites. Il y a plusieurs parties: artisanat local, explications sur l’histoire d’Itsukushima et sa construction, … Mais aussi toute une partie repos, la reconstruction d’une ancienne maison, où l’on peu s’installer sur les tatamis, emprunter un livre de la bibliothèque en admirant le jardin. Pour les explications sur Itsukushima, ça vaut vraiment le coup d’y faire un tour.

Dans une rue, je croise un petit vieux à vélo qui m’interpelle: « oneesan! » et qui s’étonne de me voir sans parapluie. Il commence un peu à discuter couleurs de parapluie, et je lui explique que ça va, il ne pleut pas trop, je vais aller. C’est à dire que pour me voir porter un parapluie, il faut au moins la mousson. Mais quand je dis que j’attire les vieux japonais!

Ensuite, je monte au Daishoin, un temple bouddhiste cette fois. Il est très grand, sur plusieurs niveaux, avec différents pavillons, des statues absolument partout et des escaliers en conséquence. La rampe de ces escaliers sont en fait des rouleaux, que l’ont fait tourner pour faire une prière.

Il y a un office dans l’un des pavillons, mais je n’ose pas trop ouvrir la porte en plein milieu. Je profite quand même du son, avec les tambours et les chants.

Tout en haut du temple, il y a une grotte remplie de statues et de lanternes, l’ambiance est magique. Il y a aussi une super vue.

Je redescends et me rappelle avoir vu un restaurant de tempura, je pars donc en quête de celui-ci. Heureusement que je n’ai fait que 2 rues, car ma mémoire me joue des tours, je mets un éternité à trouver.

Je prends donc les tempura sur bol de riz. Il faut juste que je rate ma bouche avec ces fichues baguettes juste au moment où le serveur/cuistot sorte de la cuisine. Il m’offre gentiment une cuillère, mais moi j’ai un peu honte…

Prochain arrêt: la pagode qu’on voit dépasser de partout où l’on se trouve. Son nom officiel étant Goku no To. Vu qu’on monte des escalier en contrebas, on est vraiment dominé par sa hauteur.

Elle est jolie et c’est très bien, mais juste à côté se trouve aussi un sanctuaire gigantesque le Senjokaku, il me faut donc le visiter.

Il est vraiment immense et quasiment vide à l’intérieur. Son surnom est d’ailleurs le pavillon aux 1000 tatamis. Les tatamis étant une mesure de surface, pas des vrais tatamis posés par terre.

Le temple n’a jamais été achevé, d’où ce grand vide et le peu de murs, mais ça donne un aperçu de la structure et surtout, il y a quand même des tablettes aux dessins magnifiques partout sur le haut des piliers. 

Et puis la vue est magnifique: on voit Itukushima et le Daishoin au loin, avec la montagne en fond.

Au soleil, ça doit être top…

Voilà qui devrait clôturer ma journée, mais pas tout à fait.

Je vais récupérer mon sac aux casiers des quais et me dirige vers mon ryokan. Je passe par la baie où se trouve le torii et c’est désormais marée basse, ça me fait un sacré raccourci. Etant chargée comme une mule, je n’ai pas pu prendre de photo… 

J’arrive à l’hôtel et m’imagine déjà me coucher dans ce futon bien moelleux en mangeant le petit gâteau de bienvenue et en buvant mon thé, mais sitôt mon sac posé, je me rends compte que j’ai oublié l’ordinateur dans le casier.

Je repars donc en courant et sans trop réfléchir pour vite aller le récupérer. Me voilà donc à courir à travers le bras de mer, sous la pluie, en débardeur, en priant qu’il y soit toujours. Ce qui est aussi une vue en soi, vu que je doit courir tout les 2-3 ans tout au plus…

Et je retrouve mon ordi! 

Je rentre tranquillement, mais toujours pas de photo du torii à marée basse: je suis partie sans rien.

Ce soir, je vais le voir illuminé, mais plus tard. Vous aurez les photos demain!

Pour l’instant, mon repas est réservé pour dans 15min, et après, je vais aller tester ces baignoires « Goemon-buro », qui m’ont l’air fort agréables, malgré leur nom venant du type qui s’est fait ébouillanter dedans comme punition pour un vol… 

 

 

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Jour 16 – Hiroshima côté nature

Spoiler: je n’ai rien visité en rapport avec le bombardement.

J’arrive à Hiroshima vers midi 30, je n’ai donc qu’un après-midi dans la ville, car je préfère me concentrer sur Miyajima après.

Je pose donc mon sac à l’hôtel situé juste à côté de la gare, et je vois qu’il y a un bus gratuit pour les détenteurs du JR pass, le loop, qui fait le tour des points touristiques de la ville. Voilà qui est parfait.

Premier stop, le Château d’Hiroshima. Il est aussi surnommé le château de la carpe. Mais si en ville vous voyez des sitckers ou des panneaux « on aime les carpes », ce n’est ni le château, ni les poissons, mais l’équipe de baseball. Je vois leurs couleurs de partout, de quoi faire pâlir les supporters de l’OM.

Pour en revenir au château, il s’agit en fait d’un reconstruction complète (forcément). Dans le parc, il y a les ruines des anciens bâtiments du complexe, seul la tour principale et une partie d’un mur de défense sont refaites. 

Et pas forcément refaite de façon traditionnelle: l’intérieur de la tour est un musée, tout de béton, mais ma foi fort intéressant. Il raconte l’histoire féodale de la ville.

Ensuite, je cherche le Ninomaru, le fameux mur de défense, ce qui me fait passer devant le sanctuaire Gokoku. Il est beau et sobre, mais animé, j’aime bien.

Je visite aussi le Ninomaru, mais l’intérieur est un peu vide et uniquement expliqué en japonais.

Pas très loin, il y a le jardin Shukkeien. On a voulu reconstituer plusieurs types de paysages, et l’effet est plutôt réussi. En plus, il y a des bancs partout, et à ce moment de la journée, j’apprécie assez. Par contre, le jardin ferme un peu tôt: 17h. J’étais largement dans les temps mais pour les autres, je trouve ça dommage.

Pour rentrer, je reprends le loop mais pas dans le bon sens: cela me permet de faire un tour de la ville avant de retourner à la gare. Les arrêts de bus sont toujours proches des visites mais jamais juste devant, je n’ai donc pas de photos intéressantes, mais ça m’a permis de sentir un peu l’ambiance de la ville. Et j’aime assez: malgré tout ces grands buildings, il y a de la verdure partout, ça reste agréable.

 

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Hiroshimagokoku

Hiroshimagokoku / 広島護国神社

Description

Le sanctuaire Hiroshimagokoku est situé tout près du château d’Hiroshima. Les sanctuaire Gokoku sont des sanctuaires shinto dédiés à ceux qui sont tombés à la guerre. Il y en a plusieurs dans tout le pays.

C’est un sanctuaire très populaire auprès de la population locale. Des rites et célébrations sont tenus tout au long de l’année.

Ma visite

C’est un passage obligé quand on visite le château. Il est situé entre le Ninomaru et la tour principale.

Ce sanctuaire est plutôt grand, mais contrairement à d’autres, il ne consiste qu’en un bâtiment principal et une grande cour aux graviers ratissés. Pas de grand jardin donc, mais après tout, il est situé dans un parc. Et cela donne vraiment une impression de grandeur.

Il y a quand même des détails à voir, plusieurs statues notamment. De chaque côté des statues de carpes, symboles de chance et parfaitement raccord avec le château d’Hiroshima, le Château de la Carpe.

Effectivement, des cérémonies ont lieu, on entend même qu’on appelle des participants aux hauts-parleurs. On peut donc voir des enfants en kimono, des prêtres en grande tenues. Ou, en voulant voir la vue de la rivière, en train de faire leur pause clope derrière la bâtiment. De quoi désacraliser un peu.

Et comme je commence à en prendre l’habitude, je me fais faire mon goshuin, prêt le temps de finir mon tour.

Accès

Adresse: 21-2 Motomachi, Naka Ward, Hiroshima, Hiroshima Prefecture 730-0011

Horaires et tarifs

Toujours ouvert.

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Château d’Hiroshima – le Château de la Carpe

Château d’Hiroshima / 広島城

Description

Le Château d’Hiroshima est aussi surnommé le château de la Carpe (鯉城 Ri-jo). Situé en plaine, c’était le centre physique et économique d’Hiroshima par le passé. C’est un peu une excentricité, les châteaux ayant tendance à se placer en hauteur pour pouvoir voir au loin et se défendre. Mais c’est en fait très logique: situé dans un delta, la rivière l’entoure et permet sa défense.

Le bâtiment principal fait 5 étages et sur le terrain se trouvent un sanctuaire, le Hiroshimagokoku, des ruines, des douves et certains bâtiments du Ninomaru, le second cercle de défense, reconstruits en utilisant les techniques et matériaux de construction d’origine.

Entièrement reconstruit (en béton et bois cette fois), l’intérieur du château est un musée sur l’histoire d’Hiroshima et de son château, mais aussi axé sur la culture des châteaux féodaux et la hiérarchie médiévale.

Ma visite

En cheminant vers la tour principale du château, je traverse le parc, où se trouvent les fondations en ruines d’anciens bâtiments du complexe. C’est une ballade agréable et instructive.

Les murs d’enceinte sont moins impressionnant qu’ailleurs, les défenses se reposant sur la rivière.

L’extérieur du château est tout ce qu’il y a de plus traditionnel, mais l’intérieur est un musée moderne. Il y a des écrans qui montrent des films à propos de l’histoire d’Hiroshima avant le château et après, et des panneaux en compléments. Tout en anglais!

Le 3° et 4° étages, eux, sont dépourvus de notes en anglais, mais on peut avoir accès à un guide en ligne avec le wifi du château. Le 3° est centré sur les armes et armures, le 4° sur les représentations des animaux, mais il me semble que c’était temporaire.

Le 5° est un observatoire pour profiter du panorama.

S’il ne faut pas s’attendre à visiter un château médiéval, la visite du musée est quand même très agréable et on apprend plein de choses sur l’histoire politique locale.

Le Ninomaru, un peu plus loin, est un mur d’enceinte, où il n’y a pas d’explications en anglais. Il me semble que le y raconte la reconstruction du site mais voilà… C’est à voir car c’est un peu plus traditionnel comme intérieur, mais pas indispensable.

Accès

Adresse: 21-1 Motomachi, Naka Ward, Hiroshima, Hiroshima Prefecture 730-0011

Tram ligne 1, 2 ou 6, arrêt Kamiyacho-higashi ou Kamiyacho-nishi.

Ou bus arrêt Kamiya-Cho ou loop bus arrêt Hiroshima castle

Horaires et tarifs

  • Pour le bâtiment principal:

9:00 – 18:00 (Mars à Novembre)
9:00 – 17:00 (Décembre à Février)
9:00 – 19:00 (pendant la Golden Week et Obon)

Fermé du 29 au 31 Décembre

370¥

  • Pour le Ninomaru et le reste du site

9:00 – 17:30 (Avril à Septembre)
9:00 – 16:30 (Octobre à Mars)

Fermé du 29 Décembre au 2 Janvier

Gratuit

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Le jardin Shukkei-en

Shukkei-en / 縮景園

Description

Le Shukkei-en, c’est tout un monde: vallées, montagnes, forêts, tout y est, en miniature.

Le jardin date de la construction du Château d’Hiroshima. Il respecte l’esthétique traditionnelle japonaise. Autour de son étang, des maisons de thé permettent au visiteur de se reposer et d’apprécier la vue. On n’y boit pas de thé, ce sont justes des zones de repos

Pour visiter tout le jardin, il suffit de suivre le chemin, qui fait le tour des différentes scènes.

Il y a une appli et la wifi pour qu’elle fonctionne, afin d’avoir des explications.

Ma visite

J’y vais en fin d’après-midi, et comme ici le soleil se couche tôt, la lumière est un peu particulière.

C’est aussi la periode où il n’y a « rien de spécial » à voir: pas de floraison, pas de feuille d’automne. Mais le jardin n’a besoin de rien de spécial en plus pour être apprécié.

C’est ombragé, plein de ponts de styles différents, de maisons de thé de styles différents et d’endroits pour se reposer avec des bancs. Et en fin de journée, les bancs, c’est bien.

Il n’y a pas trop de monde, et on peut flâner tranquillement, ou nourrir les carpes énormes de l’étang. Le jardin borde aussi le canal, qui est à bas niveau et donc pas très esthétique en ce moment. Le système d’irrigation fait que l’eau du canal est utilisée dans le parc, et qu’à cet endroit, l’eau douce rencontre l’eau de mer. Les poissons de l’étang sont donc dans une eau un peu salée, et il y a des poissons de mer. Enfin, c’est ce que dit le panneaux, pour moi, tout à l’air de carpes.

Accès

Adresse: 2-11 Kaminobori-cho, Hiroshima

15 minutes à pied de la gare d’Hiroshima

Ou tram 9, arrêt Shukkeien-mae

Ou Loop bus arrêt Hiroshima Museum of art – Shukkeien

Horaires et tarifs

9:00 – 18:00 (Avril à Septembre)
9:00 – 17:00 (Octobre à Mars)

260¥

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