Un miracle japonais

J’ai fait plein de chose récemment: je suis allée à Saga, j’ai mangé dans des cafés à thème, je suis allée à Okinawa, où je me suis baignée. Plein, plein de choses à raconter. 

Mais voilà, je n’avais rien pour vous écrire car je me suis retrouvée face à un léger problème: mon ordi rame et mon téléphone… Eh bien, mercredi dernier j’ai oublié mon téléphone dans un bus. Oui , je sais, qui oublie son téléphone? Je revois parfaitement l’action: téléphone à la main, je cherche un truc dans mon sac, je vois mon arrêt et me lève sans rien en main… 

Spoiler et miracle résumé en quelques mots: aujourd’hui, je l’ai récupéré.

Imaginez, en France, ou n’importe où, laisser votre téléphone dans un bus, qui passe par la ligne la plus fréquentée du réseau, et le retrouver plusieurs jours après?

Oui, voilà, improbable au mieux.

Mercredi donc, je descend du bus et je vais au café Harry Potter, et forcément je veux prendre en photo mon assiette. Impossible de retrouver le téléphone. Ce qui m’a un peu gâché l’expérience, je dois avouer. Pas tant parce que je suis accro des photos de bouffe mais un téléphone, c’est tellement pratique! Déjà, ça a un GPS, ce qui en ce moment est la fonction la plus utilisée. Ensuite, on peut étudier le japonais avec: trouver du vocabulaire, faire des révisions, ce qui me sert aussi pas mal. Et puis, il y a le contact avec le monde: mon facebook qui est connecté, mes adresses mails, mon compte line, mon instagram. Ma carte sim française, qui risque de me revenir cher si quelqu’un décide d’appeler de mon téléphone…

Bon, je suis pas non plus hyper stressée pour ce genre de choses, je prends quand même le temps d’acheter un cadeau de Noël pour mon neveu et de passer par le temple à côté pour me faire faire mon goshuin.

Je retourne à mon point de départ, la gare d’Hakata, qui est LA gare de Fukuoka. Il me semble donc aussi très probable que s’il doit être quelque part, mon téléphone sera là. La moyenne d’age des employés de la compagnie de transport doit avoisiner les 70 ans. Ce sont en général de gentils vieux monsieur, qui ne comprennent que des mots clés en anglais: vu leur poste, principalement des directions. Ou des dames plus jeunes mais tout aussi peu anglophone.

Je réussi moi-même à m’expliquer par mots clés japonais, et le monsieur appelle les deux terminaux de bus qui concernent la ligne que j’ai prise: pas de portable pour le moment, mais on me donne les numéros de téléphone pour que je me renseigne plus tard. Ce qui pose deux problèmes: il faudrait que je parle en japonais et sans geste. Mais surtout, j’ai perdu mon téléphone, je ne peux pas téléphoner. 

Heureusement, j’ai à ma disposition un autre gentil vieux monsieur: le concierge de mon dortoir. Je lui explique donc mon problème, et le soir venu, il appelle les terminaux de bus. S’en suit un interrogatoire poussé. Heureusement que c’est pas moi qui parle… Comment est mon téléphone? Quelle photo de fond d’écran, quel bus, à quelle heure? ai-je retenu l’immatriculation du bus? Dans quelle rangée étais-je assise? Signe particulier du téléphone? Ça dure bien une demi heure. Je me demande combien de questions ils posent quand on perd son enfant… Et surtout, je me demande à quoi cela va servir: soit ils ont un téléphone noir sans signe distinctif soit ils n’en ont pas.

En fait, c’est pour pouvoir chercher dans tout les bus de la ligne, le soir venu, s’il n’y a pas mon téléphone. 

J’ai fait travailler un service entier pour un téléphone, sans compter le monsieur de mon dortoir. J’ai un peu honte.

Le vendredi, la compagnie de bus rappelle mon dortoir: ils ont un téléphone correspondant (ou alors quelqu’un à la même téléphone que moi et des photos de mon staff qui défilent en fond d’écran…), je peux venir le chercher à Momochihama, qui est donc le terminal du terminus du bus. Le bout du monde quoi. Et je dois partir de l’autre côté pour prendre l’avion pour Okinawa. On verra lundi.

Lundi, aujourd’hui, je passe donc récupérer mon téléphone. Et quand je reviens, la moitié du staff de mon dortoir m’exprime sa joie de me voir retrouver mon portable.

Merci donc à la vingtaine de personne impliquée dans le sauvetage de mon téléphone pendant presque une semaine. Je ne m’attendais pas à une telle mobilisation.

Du coup, à bon entendeur: j’ai oublié une casquette bleue à Aomori fin septembre, un pull dans un bar il y a un petit mois, ma carte pasmo devant la gare il y a un gros mois et certainement ma tête quelque part, mais je ne m’en souviens plus…

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Beppu – enfers et relaxation

Vendredi c’était férié: la fête du travail. Ce qui concrètement ne change pas grand chose sauf les horaires des bus. Mais je n’ai pas eu l’impression que beaucoup d’autres gens étaient en repos.

Bref du coup, petit weekend de trois jours: l’amie Hélène et moi nous sommes organisé un petit weekend à Beppu.

Beppu est une ville connue pour ses enfers, des sources d’eau chaude un peu spectaculaires mais où on ne peut pas se baigner, et ses nombreux – nombreux- onsens.

Vendredi – premiers contacts avec la ville

Bon vendredi, on prend le bus. Mais on est pas tous seuls sur la route alors on a un peut de retard a l’arrivée. Du coup, je me disais qu’on allait pas être toutes seules en ville.

En fait, pas du tout. On se balade un peu, on mange, on traverse des rues commerçantes quasiment vides. Toute la ville paraît un peu vieillote et pas forcément entretenue. Pas vilaine, mais elle se place pas dans les villes aux charmes pittoresques quoi.

Mais au moins, on nous explique pourquoi c’est vilain!

En plus, la côte est à risque pour les tsunamis, donc le front de mer est utilitaire plutôt que esthétique. Notre envie de boire un coup en regardant la mer à donc peu de chance de se réaliser.

 

 

Pour se mettre dans l’ambiance locale, on se fait notre premier onsen. C’en est un plutôt connu et assez ancien: le Takegawara. Mais l’intérieur est plutôt minimaliste : un petit bain, et pas d’endroit avec des douchettes pour se laver, il faut prendre l’eau dans un baquet. Mais vu le prix (100 yens), on aurait été bêtes de ne pas d’autoriser cette pause.

Après ça, on est d’une mollesse et d’un manque de motivation extrêmes mais on décide d’aller à l’hôtel à pied pour avoir un feeling de la ville.

En fait, on est carrément de l’autre côté de la ville donc ça nous fait quand même presque 2h de marche. Mais tranquillement. On visite un peu un parc, on admire la vue. Dans le parc de Beppu, il y est sensé y avoir des œuvres de Anish Kapoor Mais c’est payant, le « Sky mirror » une grande soucoupe-miroir qui renvoie l’image du ciel. Ce qui personnellement me laisse un peu de marbre.

Bref, un sacré trajet avec plusieurs pauses kombini. Le soleil se couche et la ville a une ambiance toute particulière: les rivières fument, de la vapeur sors des bouches d’égouts. Avec les lumières de la nuit, ça fait son petit effet. Cette partie de la ville est nettement plus jolie. Et puis nous voilà à l’hôtel : on mange notre repas et on va se coucher : il est 19h30-20h, ça me paraît raisonnable. Bon, on ne dort pas de suite, mais je l’avoue: on en fout pas une. On fera mieux demain!

Samedi – les enfers de Beppu

Donc, aujourd’hui on est un peu plus en forme que la veille. On petit déjeune dans la salle commune et on essaie de communiquer mais, le matin, pour moi, ça reste difficile. 

Aujourd’hui, l’idée, c’est de visiter les enfers de Beppu. C’est pas loin de l’hôtel et c’est clairement le point fort de la ville.

Il y a un pass pour voir 7 des enfers. Il y en a un qui est indépendant. Et sur ces 7, on évite celui avec les crocodiles : il paraît qu’il y en a plus de 100, dans un endroit assez réduit, j’ai un peu de la peine à l’idée d’aller les voir. 

Umi Jigoku

Donc, les enfers sont relativement rassemblés, ça se fait à pied. Ils sont tous un peu différents mais pas forcément tous passionnants à regarder. Si vous ne devez en voir qu’un, faite le umi jigoku: l’enfer de la mer. Il est grand, il a un beau jardin.  Je pense que je vais juste vous poser une photo de chaque, je ferais un article plus en détails plus tard. 

Kamado Jigoku

Par contre, ce qui est vraiment bien c’est qu’il y a des bains de pieds de quasi chaque enfer, et que c’est un plaisir simple. Mais un sacré plaisir quand même. En plus, c’est une journée magnifique. Donc on s’arrête et on trempé les pieds dès que possible.

À midi, on a fait 4 enfers sur les 6 qu’on veut voir. Les deux derniers (celui couleur sang et le geyser) sont un peu plus loin, donc on ira après manger. 

Oniishibouzu Jigoku

On se trouve un de ces petits restos kitsch qui ne paient pas de mine mais qui sont excellents, on prend une glace pour le dessert, et on part pour les deux derniers enfers, le Chinoike et le Tatsumaki, qui sont à 2,5km. 

C’est assez court mais on change complètement d’univers : c’est la campagne, avec des petites maisons et des gens qui cultivent leurs légumes. J’aime assez ce genre d’ambiance et la route descends, donc moi je conseillerais vraiment d’y aller à pied. 

On visite les 2 derniers enfers. Je suis un peu déçue par le geyser : ils disent que sans les murs autour le jet irait jusqu’à 30m. Là, non seulement ça casse la hauteur du jet, mais en plus on manque de perspective et j’ai eu l’impression de voir une grosse fontaine. 

Chinoike Jigoku

On décide de prendre le bus pour rentrer à l’hôtel, et d’attendre  jusqu’à 18h: le gérant de l’hôtel nous a conseillé un onsen qui fait des réductions à partir de cette heure là. 

18h: c’est parti pour le onsen. Il est à 10min à pied, ce sera parfait pour le coup de mou qui va suivre.

Celui-ci de onsen est vraiment complet. On y reste plus longtemps : entre les bains avec les cascades, les bains avec différentes températures, le sauna japonais et le bain en extérieur, y’a de quoi s’occuper. Le bain extérieur est juste magnifique : l’eau arrive en cascade du haut d’un mur de pierre, les arbres, le ciel étoilé.

Tatsumaki Jigoku

Quand on a fini notre bain, on se rhabille et on peut profiter de la zone de repos: on peut se prendre à boire ou des snacks cuits à la vapeur. Le restaurant était plein, mais il a l’air vraiment bien. Pour une prochaine fois ! 

Dimanche : Mont Tsurumi

Aujourd’hui, on part à l’aventure ! Enfin, au départ, l’idée c’était de marcher tranquillement, d’avoir une vue sur la ville et voilà. Mais…

Donc, on prend le bus jusqu’au « Beppu Ropeway » qui nous monte quasi en haut du mont. Après il nous reste 10-15min de montée mais par des escaliers et des chemins bien larges. Rien d’insurmontable. Donc on se dit qu’on va descendre à pied. Si c’est dans le même gout, ça va aller tranquille.

Au sommet

Le sommet est pas franchement hallucinant, il y a des bâtiments et des tours émettrices. La vue est bien mais pas spécialement dégagée aujourd’hui. Il y a quelques autels pour les dieux de la chance. Et assez étrangement pour le Japon, pas de restauration ! Mais quand-même, une boutique de souvenirs. Le tour est assez vie fait. On réfléchit à descendre.

Donc, nous sommes équipées de chaussures à la semelle plate, moi j’ai une veste en cuir et mon appareil photo à la main: les randonneuses de l’extrême, vraiment. 

Et la descente est plutôt difficile, parfois très pentue et glissante. On nous a dit qu’il fallait 2h pour monter, on a mis 2h à descendre. Et on se félicite d’être montées en ropeway. 

On croise plein de petits vieux qui pètent la forme en montant, les gens sont peu nombreux et quand on les croisent ils sont gentils. Le haut de la montagne est pas superbe mais plus bas, la forêt est plus jolie.

 

Et il y a même un petit temple, tout seul au milieu de la forêt.

Et puis voilà, il est temps de rentrer sur Fukuoka !

 

 

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Maladie et écologie

Les deux mots du titre semblent n’avoir aucun rapport, mais dans mon cas précis, un peu quand même.

Pour vous mettre en situation, je suis malade. Ce weekend c’était genre gastro et là je passe doucement vers le rhume carabiné. Mais comme je ne suis pas assez malade pour me résigner à affronter un enfer administratif, linguistique et financier – à savoir aller chez un médecin à l’étranger – je vais me contenter d’automédication. 

Alors oui, acheter des médicaments en libre service, ça évite le côté administratif, mais clairement pas le côté linguistique. 

En plus de ça, il faut trouver ou acheter : il y a des magasins avec le Kanji de « médicament » mais une fois dedans, c’est plutôt de l’ordre du supermarché de la parapharmacie. Si vous voulez des crèmes pour n’importe quelle partie de votre corps, vous épiler, vous raser, vous maquiller, vous trouverez de quoi. Si vous êtes malade pas forcément. Il y a de quoi, mais difficile de s’y retrouver et de s’expliquer.

Sinon, il y a de « vraies » pharmacies, mais qui ressemble à des annexes d’hôpitaux et j’ai pas envie de m’embêter à expliquer en mime que j’ai mal à la gorge et pas vu de médecin. Donc, je n’ai rien a en dire, je n’y suis pas allée.

Mais bon entre les magasins sus mentionnés et les Konbini, on va bien se débrouiller. Il y a des rayons entiers de masques: je me sens un peu oppressée avec un truc sur le visage, je passe mon tour, tant que je ne tousse pas personne ne m’en voudra. Il y a aussi un nombre impressionnant de truc pour « trop mangé, trop bu ». Dans les konbini, c’est placé à côté de l’alcool, ça me fait rire. Comme ça on peut organiser sa soirée ET sa gueule de bois de façon optimale. 

J’arrive à trouver des mots clés : のど、痛み、疲れたからだ. Respectivement nodo, gorge, itami, douleur et tsukareta karada, fatigue. Je prends donc une petite sélection appropriée et on est bon. 

Sauf que. Au Japon les dosages sont un peu moins fort qu’en France. Je décide donc de compléter en mode « remède de grand-mère ».

Je pars donc faire des courses au supermarché. Et c’est la qu’on en vient à l’écologie.

J’ai besoin de citrons, de gingembre, de miel. Facile. Je me mangerais bien quelques fruits aussi, et puis faut bien se réconforter alors des petites douceurs ne sont pas de refus.

Le citron est emballé, seul ou par 2, dans une barquette puis solidement scellé par un film plastique, entourant plusieurs fois la barquette. Les bananes sont dans un sac en plastique, et elle sont au rayon « réduction », parce qu’elles sont en « fin de vie ». Elles sont donc tout juste jaunes. Tant mieux pour moi, c’est moins cher, mais allaient-ils vraiment jeter ces pauvres bananes dans la journée ? 

J’ai mis une éternité à trouver du gingembre parce que c’est aussi la première fois que j’en vois emballé. Et je ne suis pas convaincue d’avoir acheté du miel naturel, mais qui sais? Pour finir, je m’achète un truc avec écrit chocolat 70%, qui a une forme de tablette de chocolat et qui me semble donc parfaitement ordinaire. Mais à l’ouverture, il y a en fait 3 carrés. 3. carrés. De chocolat. Emballés individuellement. 

Alors c’est vrai, au Konbini je refuse les serviettes, baguettes et pailles et je leur demande de tout mettre dans le même sac. Parce-que oui, si vous achetez une brique d’1,5L de jus de fruit, on vous donnera quand même une paille, une grande paille, et qu’ils séparent chaud, froid, tiède et non alimentaire et que sais-je encore. Et que non, je n’ai pas besoin d’un sac pour mettre ma petite gomme nouvellement achetée. 

Mais je me disais que c’était parce que le Konbini c’est sensé être pratique et du dépannage et que donc pas tout le monde n’a de verre ou de baguettes à disposition. Mais là je ne comprends pas l’utilité : j’ai perdu 2h à déballer 2 citrons. Qui ont clairement besoin d’être protégé dans un emballage, dans la mesure où la nature a oublié de la faire en y mettant une écorce. N’est-ce pas ?

Pour finir sur mon choc écologique, qui dure en fait depuis mon arrivée, un petit mot sur les poubelles. 

Au Japon, c’est propre, et il faut trier ses déchets. 

Ça dépend un peu des villes mais en gros il y a verres, bouteilles PET, déchets incinerables et ceux qui ne le sont pas. Trier ses déchets, ce n’est pas forcément les recycler. Par exemple dans les incinérables il y a de tout, du bois au plastique, en passant les bidons de kérosène vides. Si on pouvait réfléchir un instant sur la dimension écologique de brûler du plastique en tant que technique de tri de déchets… On peut quand même recycler le papier, dans des endroits différents, ce qui incite peu à le faire.

Quant au côté propre, je dirais que c’est beaucoup du paraître, de l’impression. Ce n’est pas parce qu’on ne sali pas la nature qu’on ne la pollue pas. Sortez un peu tard, tout le monde a oublié qu’on ne peut pas fumer partout et qu’on ne doit pas jeter son mégot ou autre par terre. La journée, par contre rien qui dépasse. Entre les deux, il y a les salary men qui font leur pause clope un peu tard, et qui plutôt que de mettre le mégot dans le paquet ou de le garder une minute pour le jeter à l’intérieur, préfèrent le cacher soigneusement dans le trou de la plaque des valves d’eau. Ni vu, ni connu!

 

 

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