Jour 11 – spéciale kimono

Aujourd’hui, mon amie Kana fait le trajet depuis Nagoya pour passer la journée avec moi. L’occasion de louer des kimonos!

J’ai un peu de mal à trouver tout les termes techniques, vous m’excuserez du manque de précision. C’est aussi un peu long, donc pour la description de mes visites, cliquez sur les lieux.

Mettre un kimono: tout un art

On commence par choisir son kimono: entre modèle de base, la qualité supérieure et le kimono à longues manches de cérémonie, on se concentre sur les moins cher, mais le choix est vaste.

J’opte pour un modèle noir à fleurs rouges. 

Ensuite, il faut choisir son obi, la large ceinture extérieure. J’en trouve une rouge parfaitement raccord avec mes fleurs.

On passe à la salle d’habillement. On nous donne une espèce de tunique en drap blanc, à mon avis, c’est plus une protection pour la couche suivante qu’une partie traditionnelle du costume. Et les fameuses chaussettes à orteils!

Qui s’avère être un nagajuban (長じゅばん). C’est le sous-vêtement du kimono, blanc, avec des broderies blanches. Le col est plus rigide: c’est la partie blanche qui dépasse du col coloré du kimono. Avec cette deuxième couche, premier ceinturage: une petite cordelette et une ceinture plus large. 

Ensuite, le kimono. 

Un kimono, c’est taille unique, c’est donc très long et très large. Il faut l’ajuster. Pour cela, encore une petite ceinture, puis on nous arrange les plis. Par dessus, une ceinture plus large, qui commence à bien serrer. Et encore, je crois que la dame a souhaité m’épargner en ne serrant pas trop fort. On réarrange les plis, et on passe une autre petite ceinture.

Et maintenant, le Obi.

Pour aider, on nous mets une sorte de ceinture en grille, qui empêche de glisser (et puis, on n’est pas à une ceinture près), et on positionne le Obi, bien haut, bien serré. 

Un petit tour de soi avec, et pour faire joli, la dame fait un pli sur le devant, l’intérieur ayant une autre couleur, et enfin, un joli nœud derrière.

On me demande si ça va. Je pense que je survivrais. 

On passe à la coiffure: un chignon simple, sans surcoût, ou des coiffures plus sophistiquées. Chignon ce sera, et avec choix de la pique à cheveux.

Puis, comme je ne vais quand même pas porter mes baskets noir à bandes bleues qui s’éclairent dans le noir (un des avantages d’avoir des pieds taille enfant), il faut bien choisir ses chaussures.

Et pour achever la tenue, un choix de sacs.

Que ce soit pour les chaussures ou le sac, et comme pour la coiffure, il y a des modèles de base et des avec suppléments.

Nous voilà prêtes!

 

 

 

 

 

 

Pour vous, messieurs, le choix est plus restreint et l’habillement plus lâche. En revanche, niveau chaussures, ça n’a pas l’air mieux que nous. Mais je ne saurais rien vous dire sur la technique d’emballage pour homme!

Une journée en kimono

Nous prenons le bus jusqu’au Sanjusangendo. Le trajet n’est pas très long mais il y a un détail important et qui mérite développement.

Si le kimono fait effet corset sur le haut et limite clairement l’amplitude des pas, on s’y fait. Non, le vrai problème, c’est les chaussures. 

Ce sont des espèces de tongs, mais à semelles épaisse et avec un peu de talon. Et j’ai choisi le modèle le plus plat. La semelle n’est pas en bois, mais ça pourrait aussi bien l’être. Et surtout, c’est un poil moins large que le pied. 

Donc dans le bus, difficultés à tenir en équilibre au freinage.

On arrive néanmoins (surtout moi) sans heurt.

Au Nijo-jo.

Je suis un spécimen assez unique de porteuse de kimono. Déjà, je suis la seule européenne (je verrais plus tard des hordes de chinois et de coréens et foule de japonais mais précisément une autre occidentale). Mais aussi, on dirait que la méthode de positionnement du col a été spécialement étudiée pour mettre en valeur mon tatouage.

Et, plutôt étrangement, ça plait assez, même aux plus vieux des japonais. En comparaison, à Tokyo, une gamine est tombée de son vélo, choquée par mes tatouages aux jambes et une vieille avec canne a préféré rester debout qu’assise à côté de moi quand elle les a remarqué. 

Ensuite, nous reprenons le bus jusqu’au sanctuaire Yasaka. C’est ici, les hordes de gens en kimono. 

Tiens, ici on voit bien qu’il pleut, ce qui me fait penser à quelque chose.

Au début, j’était déçue qu’il pleuve. Mais quand j’ai commencé à dégouliner sous ma tenue, j’ai plutôt apprécié que le soleil n’en rajoute pas aux 25°C déjà durs à soutenir.

C’est l’heure de manger, et se posent alors plusieurs question: Vais-je réussir à m’asseoir? J’ai soif, dois-je boire et risque de devoir aller au toilettes? Vais-je réussir à manger proprement? Oui, la question se pose quand il s’agit de manger avec des baguettes. Et surtout, comment rentrer tout ça dans mon estomac sans faire exploser mon obi?

En résumé, j’ai peu bu, j’ai presque pas glissé de mon tabouret en hauteur, je n’ai rien taché et j’ai tout mangé parce que c’est clairement les meilleurs tempura que j’ai mangé de ma vie. Merci Kana!

Prochain arrêt, le Nijo-jo

Ici se posent de nouveaux problèmes de chaussures: les allées sont en gravier. Les escaliers sont à hauteur de genoux. C’est rude. Je soulève un pan de kimono façon princesse pour pouvoir monter les jambes. On passe quand même outre la visite d’une grande partie du jardin.

Retour à l’agence de location, pour récupérer nos habits civils. Y’a pas à dire, rien ne vaut un bon T-shirt Pantera…

Histoire de se remettre, on va manger une coupe de glace: on peut manger autant qu’on veut, on a de l’espace maintenant!

En passant, la gare de Kyoto est vraiment belle, grande, avec des escaliers qui s’illuminent en motif, quand vous passez par là, profitez-en.

 

 

En résumé

Et bien , en résumé, merci Kana! 

J’ai à peine réussi à lui payer son ticket d’entrer au Nijo-jo, sinon elle a tout pris en charge. Elle m’a encore fait découvrir un bon restaurant et fait vivre une expérience que je n’aurais pas osé faire seule.

Une journée fatiguante, mais excitante!

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2 réponses sur “Jour 11 – spéciale kimono”

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