Maladie et écologie

Les deux mots du titre semblent n’avoir aucun rapport, mais dans mon cas précis, un peu quand même.

Pour vous mettre en situation, je suis malade. Ce weekend c’était genre gastro et là je passe doucement vers le rhume carabiné. Mais comme je ne suis pas assez malade pour me résigner à affronter un enfer administratif, linguistique et financier – à savoir aller chez un médecin à l’étranger – je vais me contenter d’automédication. 

Alors oui, acheter des médicaments en libre service, ça évite le côté administratif, mais clairement pas le côté linguistique. 

En plus de ça, il faut trouver ou acheter : il y a des magasins avec le Kanji de « médicament » mais une fois dedans, c’est plutôt de l’ordre du supermarché de la parapharmacie. Si vous voulez des crèmes pour n’importe quelle partie de votre corps, vous épiler, vous raser, vous maquiller, vous trouverez de quoi. Si vous êtes malade pas forcément. Il y a de quoi, mais difficile de s’y retrouver et de s’expliquer.

Sinon, il y a de « vraies » pharmacies, mais qui ressemble à des annexes d’hôpitaux et j’ai pas envie de m’embêter à expliquer en mime que j’ai mal à la gorge et pas vu de médecin. Donc, je n’ai rien a en dire, je n’y suis pas allée.

Mais bon entre les magasins sus mentionnés et les Konbini, on va bien se débrouiller. Il y a des rayons entiers de masques: je me sens un peu oppressée avec un truc sur le visage, je passe mon tour, tant que je ne tousse pas personne ne m’en voudra. Il y a aussi un nombre impressionnant de truc pour « trop mangé, trop bu ». Dans les konbini, c’est placé à côté de l’alcool, ça me fait rire. Comme ça on peut organiser sa soirée ET sa gueule de bois de façon optimale. 

J’arrive à trouver des mots clés : のど、痛み、疲れたからだ. Respectivement nodo, gorge, itami, douleur et tsukareta karada, fatigue. Je prends donc une petite sélection appropriée et on est bon. 

Sauf que. Au Japon les dosages sont un peu moins fort qu’en France. Je décide donc de compléter en mode « remède de grand-mère ».

Je pars donc faire des courses au supermarché. Et c’est la qu’on en vient à l’écologie.

J’ai besoin de citrons, de gingembre, de miel. Facile. Je me mangerais bien quelques fruits aussi, et puis faut bien se réconforter alors des petites douceurs ne sont pas de refus.

Le citron est emballé, seul ou par 2, dans une barquette puis solidement scellé par un film plastique, entourant plusieurs fois la barquette. Les bananes sont dans un sac en plastique, et elle sont au rayon « réduction », parce qu’elles sont en « fin de vie ». Elles sont donc tout juste jaunes. Tant mieux pour moi, c’est moins cher, mais allaient-ils vraiment jeter ces pauvres bananes dans la journée ? 

J’ai mis une éternité à trouver du gingembre parce que c’est aussi la première fois que j’en vois emballé. Et je ne suis pas convaincue d’avoir acheté du miel naturel, mais qui sais? Pour finir, je m’achète un truc avec écrit chocolat 70%, qui a une forme de tablette de chocolat et qui me semble donc parfaitement ordinaire. Mais à l’ouverture, il y a en fait 3 carrés. 3. carrés. De chocolat. Emballés individuellement. 

Alors c’est vrai, au Konbini je refuse les serviettes, baguettes et pailles et je leur demande de tout mettre dans le même sac. Parce-que oui, si vous achetez une brique d’1,5L de jus de fruit, on vous donnera quand même une paille, une grande paille, et qu’ils séparent chaud, froid, tiède et non alimentaire et que sais-je encore. Et que non, je n’ai pas besoin d’un sac pour mettre ma petite gomme nouvellement achetée. 

Mais je me disais que c’était parce que le Konbini c’est sensé être pratique et du dépannage et que donc pas tout le monde n’a de verre ou de baguettes à disposition. Mais là je ne comprends pas l’utilité : j’ai perdu 2h à déballer 2 citrons. Qui ont clairement besoin d’être protégé dans un emballage, dans la mesure où la nature a oublié de la faire en y mettant une écorce. N’est-ce pas ?

Pour finir sur mon choc écologique, qui dure en fait depuis mon arrivée, un petit mot sur les poubelles. 

Au Japon, c’est propre, et il faut trier ses déchets. 

Ça dépend un peu des villes mais en gros il y a verres, bouteilles PET, déchets incinerables et ceux qui ne le sont pas. Trier ses déchets, ce n’est pas forcément les recycler. Par exemple dans les incinérables il y a de tout, du bois au plastique, en passant les bidons de kérosène vides. Si on pouvait réfléchir un instant sur la dimension écologique de brûler du plastique en tant que technique de tri de déchets… On peut quand même recycler le papier, dans des endroits différents, ce qui incite peu à le faire.

Quant au côté propre, je dirais que c’est beaucoup du paraître, de l’impression. Ce n’est pas parce qu’on ne sali pas la nature qu’on ne la pollue pas. Sortez un peu tard, tout le monde a oublié qu’on ne peut pas fumer partout et qu’on ne doit pas jeter son mégot ou autre par terre. La journée, par contre rien qui dépasse. Entre les deux, il y a les salary men qui font leur pause clope un peu tard, et qui plutôt que de mettre le mégot dans le paquet ou de le garder une minute pour le jeter à l’intérieur, préfèrent le cacher soigneusement dans le trou de la plaque des valves d’eau. Ni vu, ni connu!

 

 

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